
Frelon asiatique : le reconnaître et agir
22 octobre 2026
Bilan de la saison 2026 : une belle année au rucher
22 octobre 2026Les feuilles tombent, les matinées sont fraîches et les dernières fleurs de lierre attirent encore quelques butineuses. Au rucher de l’Abeille Lévoise, la saison touche à sa fin : c’est le moment de préparer nos colonies à traverser l’hiver. Mais au fait, que font les abeilles quand il fait froid ?
Les abeilles n’hibernent pas
Contrairement à une idée reçue, les abeilles ne dorment pas tout l’hiver. Dès que la température descend sous les 12 à 14 °C, elles se resserrent autour de leur reine pour former une grappe hivernale. Au centre, les ouvrières font vibrer leurs muscles alaires, sans bouger les ailes, pour produire de la chaleur. Celles de l’extérieur servent d’isolant, puis échangent leur place avec celles du cœur de la grappe. Résultat : même lorsqu’il gèle dehors, le centre de la grappe reste autour de 20 à 30 °C.
Pour tenir, la colonie consomme ses réserves de miel, petit à petit, en se déplaçant lentement sur les cadres.
Des abeilles « spéciales hiver »
Les abeilles nées à la fin de l’été ne sont pas tout à fait comme les autres. Une ouvrière d’été vit environ 5 à 6 semaines, usée par le butinage. Les abeilles d’hiver, elles, ont un corps plus riche en réserves et peuvent vivre 4 à 6 mois. Ce sont elles qui assureront la survie de la colonie jusqu’au retour des premières fleurs, au printemps.
Ce que font les apiculteurs à l’automne
Préparer l’hivernage, c’est surtout s’assurer que chaque colonie part dans l’hiver dans de bonnes conditions. Voici les principales étapes :
- Vérifier les réserves. Une colonie a besoin de 15 à 20 kg de miel pour passer l’hiver. En soupesant l’arrière de la ruche, l’apiculteur se fait une idée de son poids. Si les réserves sont trop justes, un nourrissement peut être apporté avant les grands froids.
- Lutter contre le varroa. Ce petit acarien parasite est l’ennemi numéro un des abeilles. Un traitement adapté permet aux abeilles d’hiver de naître en bonne santé.
- Réduire l’entrée. On pose un réducteur d’entrée (ou une grille) pour empêcher les souris de s’installer au chaud dans la ruche et pour aider les abeilles à défendre leur porte contre les pillards et les frelons.
- Protéger du vent et de l’humidité. L’humidité est plus dangereuse que le froid. Les ruches sont légèrement inclinées vers l’avant pour que l’eau de condensation s’évacue, et les toits sont bien calés.
- Regrouper les colonies trop faibles. Une petite colonie a du mal à se chauffer seule : la réunir avec une autre lui donne de meilleures chances.
Et ensuite ? On laisse les abeilles tranquilles !
Une fois l’hivernage préparé, la meilleure chose à faire est… de ne plus ouvrir les ruches. Chaque ouverture fait perdre une chaleur précieuse à la colonie. Pendant l’hiver, nos apiculteurs se contentent de visites discrètes : vérifier que les toits tiennent, que l’entrée n’est pas bouchée par des abeilles mortes, et observer les sorties lors des belles journées ensoleillées.
Car oui, même en hiver, dès qu’il fait un peu doux, les abeilles sortent pour un « vol de propreté » : elles ne font jamais leurs besoins dans la ruche !
Vous aussi, aidez les abeilles cet hiver
Laissez fleurir le lierre sur un vieux mur ou un arbre : c’est l’une des dernières ressources de l’année pour les pollinisateurs. Et pensez dès maintenant à planter des arbustes à floraison précoce (noisetier, saule, cornouiller mâle) : ils seront le premier repas des abeilles à la sortie de l’hiver.
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