Travaux rucher
12 février 2026
Hivernage : comment nos abeilles passent l’hiver
22 octobre 2026Si vous avez observé nos ruches ces dernières semaines, vous les avez peut-être vus : des frelons qui volent sur place, juste devant l’entrée, guettant les abeilles qui rentrent de butinage. L’automne est la période où le frelon asiatique est le plus redoutable pour nos colonies. Faisons le point.
Un envahisseur arrivé en 2004
Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) a été détecté pour la première fois en France en 2004, dans le Lot-et-Garonne, probablement arrivé dans une cargaison de poteries venue de Chine. En une vingtaine d’années, il a colonisé tout le territoire. Il est classé espèce exotique envahissante.
Comment le reconnaître ?
Attention à ne pas le confondre avec notre frelon européen (Vespa crabro), espèce locale bien moins dangereuse pour les abeilles, qu’il ne faut pas détruire.
- Le frelon asiatique : plutôt sombre, presque noir ; thorax noir ; abdomen foncé avec une seule large bande orange vers l’arrière ; le bout des pattes est jaune ; un peu plus petit (jusqu’à 3 cm).
- Le frelon européen : plus grand et plus coloré ; thorax roux et noir ; abdomen majoritairement jaune rayé de noir ; pattes brunes.

Les nids sont aussi différents. Celui du frelon asiatique est souvent une grosse boule en papier, perchée haut dans un arbre, avec une petite entrée sur le côté. Celui du frelon européen est généralement abrité (creux d’arbre, grenier, cabanon) et son ouverture est située en dessous.
Pourquoi est-il si dangereux pour les abeilles ?
Le frelon asiatique nourrit ses larves avec des insectes, et les abeilles domestiques sont une proie facile et abondante. Devant une ruche, il pratique le vol stationnaire et attrape les butineuses au retour.
Mais le plus grave n’est pas forcément le nombre d’abeilles tuées : face à cette pression constante, la colonie se replie et arrête de sortir butiner. Elle consomme alors ses réserves au moment même où elle devrait les garder pour l’hiver. Des colonies affaiblies à l’automne sont des colonies qui risquent de ne pas passer l’hiver.
Le cycle du frelon asiatique
- Au printemps, une reine fondatrice sortie d’hivernage construit seule un petit nid primaire, souvent à faible hauteur (abri de jardin, haie, sous un avant-toit).
- En été, la colonie grandit et déménage souvent dans un nid secondaire, beaucoup plus gros, au sommet des arbres.
- À l’automne, le nid peut abriter plusieurs milliers d’individus. C’est le pic de prédation sur les ruchers. Le nid produit aussi les futures reines.
- En hiver, la colonie meurt ; seules les jeunes reines fécondées survivent, cachées à l’abri, pour fonder de nouveaux nids au printemps suivant.
Ce que font les apiculteurs
Au rucher, plusieurs solutions sont utilisées pour protéger les colonies :
- des muselières ou grilles devant les entrées, qui empêchent les frelons de stationner trop près ;
- des réducteurs d’entrée, pour aider les abeilles gardiennes à défendre la ruche ;
- un piégeage ciblé, au plus près des ruches et pendant les périodes de forte pression, avec des pièges sélectifs pour limiter les captures d’autres insectes.
Vous découvrez un nid ? Les bons réflexes
- Ne vous approchez pas et n’essayez jamais de le détruire vous-même : le frelon asiatique défend son nid en groupe et les piqûres multiples peuvent être dangereuses.
- Prenez une photo de loin, si possible, et notez l’emplacement précis.
- Signalez-le à votre mairie, qui vous indiquera la démarche à suivre et les professionnels habilités à intervenir.
- N’hésitez pas à nous contacter : nous pouvons vous aider à identifier l’insecte.
Avec la chute des feuilles, de nombreux nids qui étaient cachés tout l’été deviennent visibles en ce moment dans les arbres. C’est l’occasion de les repérer et de les signaler !
Où en est la lutte au niveau national ?
En mars 2025, le Parlement a adopté une loi visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole. Elle prévoit un plan national de lutte, décliné en plans départementaux. Un décret de décembre 2025 a précisé comment ces plans sont élaborés, et le plan national a ensuite été adopté. L’éradication complète n’étant plus envisageable, l’objectif est désormais de limiter les dégâts : destruction des nids, piégeage des fondatrices au printemps, protection des ruchers. Les organisations d’apiculteurs restent cependant vigilantes, notamment sur la question de l’indemnisation des pertes.
La lutte contre le frelon asiatique est l’affaire de tous : chaque nid signalé, c’est une colonie d’abeilles mieux protégée. Merci pour votre vigilance !



